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Actualité Locale : Verberie : Pour en finir avec l’usine à gaz
Posté par christian le 12/2/2009 19:45:35 (241 lectures) Articles du même auteur

COMMUNIQUE DE PRESSE
Verberie : Pour en finir avec l'usine à gaz

Centrale à Gaz de VerberieLes Verts de l'Oise apportent leur total soutien aux habitants de la Basse Vallée de l'Automne mobilisés dans la lutte contre l'implantation d'une centrale électrique de 800 MW et pour la préservation de l'environnement de chacun.
Savamment orchestrée par le groupe Direct Energie, l'opération n'a été jusqu'ici possible qu'avec la complicité active des exécutifs locaux, rajoutant au forfait écologique un déni de démocratie sans précédent.
En face, ce sont déjà 600 personnes qui ont défilé dans les rue de Verberie le 15 novembre à l'appel de l'association « Pas de centrale en Basse Automne ».
En écho à la manifestation, les Verts de l'Oise dénoncent dans ce projet :

Un « développement durable en trompe-l'œil »

Très présent dans le discours de Direct Energie, l'environnement n'est qu'un alibi marketing. Tandis que l'opérateur offre des ampoules basse consommation à ses nouveaux clients, c'est un cocktail toxique de 900 kg/seconde de soufre, d'azote et de mercure que le groupe s'apprête à apporter aux habitants de la Basse Automne comme cadeau de bienvenue. A trois cents mètres des premières habitations et à proximité d'une zone Natura 2000, c'est tout simplement intolérable, tant pour la biodiversité qu'à fortiori pour la santé humaine. Mais situé au carrefour d'un cours d'eau, d'une artère de gaz et d'un réseau haute tension, l'endroit était tellement séduisant pour l'actionnaire que le Conseil d'Administration de Direct Energie n'a pas imaginé de plan B.



La gabegie financière et écologique de l'opération

Ce ne sont pas moins de 650 millions d'euros qui sont mis sur la table pour au final 30 emplois permanents créés. La même somme générerait 10 000 emplois dans le tertiaire. En ces temps de crise profonde, cet investissement n'est pas une manne providentielle mais un gaspillage inqualifiable. Seule la rentabilité immédiate le motive. L'ouverture à la concurrence du secteur énergétique presse les nouveaux venus à ajouter des capacités de production et à anticiper sur des hausses de consommation pour entrer sur le marché. Or la niche revendiquée par Direct Energie, c'est la consommation de pointe, la plus lucrative, celle-là même que la réglementation vise à écrêter pour réduire les pollutions et tenir les engagements de Kyoto. Si tel était le cas, Direct Energie serait contraint de se réfugier sur la consommation permanente, donc à brader son électricité et à faire tourner sa centrale en 24/24, voire à passer sous le seuil de rentabilité et fermer. En attendant, pariant sur le laxisme de l'application de la législation, ce sont 1,8 millions de tonnes de C02 que la centrale pourrait rejeter chaque année, se propulsant ainsi au douzième rang des sites les plus émissifs de l'hexagone.


L'effraction du Grenelle de l'environnement et le mépris du droit communautaire

A peine votée, c'est toute la crédibilité de la loi du 21/10/08, dite « Grenelle I » que la centrale met à elle toute seule à l'épreuve. Car si dès l'article 2 « la lutte contre le changement climatique est [bien] placée au premier rang des priorités », il est tout de suite établi que « Les objectifs d'efficacité et de sobriété énergétiques exigent la mise en place de mécanismes d'ajustement et d'effacement de consommation d'énergie de pointe. La mise en place de ces mécanismes passera notamment par la pose de compteurs intelligents pour les particuliers, d'abonnement avec effacement des heures de pointe pour les industriels. » De quoi entamer l'assurance du promoteur. Pour le coup de grâce, la directive européenne 2004 /08/CE indique clairement que « la promotion de la cogénération à haut rendement sur la base de la demande de chaleur utile constitue une priorité communautaire, étant donné les bénéfices potentiels de la cogénération en termes d'économies d'énergie primaire, de prévention de pertes de réseaux et de réduction des émissions, en particulier de gaz à effet de serre ». Or la centrale propose un cycle combiné, c'est-à-dire un procès uniquement centré sur la production d'électricité pour un rendement de 55%. La cogénération simultanée de chaleur et d'électricité, elle, permettrait d'atteindre une efficacité de 95% ! Où part la différence? Dans l'Oise, alors qu'on pourrait chauffer 20 000 logements urbains avec les pertes. Une autre façon de dire que le projet n'est ni à la bonne taille (surdimensionné), ni au bon endroit (car éloigné du débouché).

Le passage en force et la collusion productiviste de nombreux élus locaux

C'est peut-être parce qu'il est convaincu des méfaits que l'exécutif sortant de Verberie a passé sous silence le projet industriel lors des dernières municipales. Il faut dire que l'équipe en place semble plus créative pour s'opposer à la contestation de ses administrés que pour dynamiser son territoire. D'autant qu'elle peut compter sur le renfort de deux soutiens de poids : le Sénateur-Maire Marini d'abord, connu pour son hostilité aux éoliennes et son appétence pour les grands travaux, mais qui trouve ici « une technologie conforme au Grenelle de l'environnement (sic)» et « [un] projet [qui] devrait créer une cinquantaine d'emploi, ce qui est significatif ». Arrive ensuite Eric Woerth, ministre du budget et Maire de Chantilly, se proclamant arbitre du débat mais qui laisse un doigt sur la balance en osant qu' « on ne peut pas cracher comme ça sur un investissement de 600 millions et des dizaines d'emplois. Il faut vraiment qu'il y ait atteinte violente à l'environnement pour refuser... ». La santé publique a donc un prix mais on espère encore une enquête d'utilité publique indépendante.

Car comment une préfecture qui invalide des parcs éoliens, précisément pour leur impact, pourrait-elle autoriser un projet aussi peu convainquant en terme d'emploi et aussi catastrophique en terme d'environnement ? Les Verts de l'Oise saluent encore une fois les voix citoyennes qui se sont élevées contre ce projet et ont démasqué la démagogie « de la centrale ou de la bougie » martelée par Direct Energie. Nous rappelons au passage la convergence entre notre position nationale pour une « décroissance de l'empreinte écologique » et l'exigence d'investissements tournés vers la maîtrise des consommations d'électricité plutôt qu'en renfort de l'offre. Mais dans l'immédiat, conscients de la capacité de lobiying de l'opérateur, nous pensons qu'il faut alimenter la riposte à une échelle nationale et nous nous engageons à demander aux députés de notre formation de relayer les inquiétudes légitimes de la population et d'interpeller gouvernement comme parlementaires sur le bienfondé et la cohérence de ce projet avec la loi « Grenelle » votée le 21 octobre dernier.

Les Verts de l'Oise

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